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Vous n’aimez pas les chiffres? Il va falloir apprendre à les aimer (un peu).

juliepsaulnier
Sep 11
4 min read

Vous n’aimez pas les chiffres? Il va falloir apprendre à les aimer (un peu).


Quand on se lance en affaires, on pense souvent au produit ou au service qu’on offre, aux clients, au marketing, au nom de l’entreprise, au logo… et beaucoup moins aux chiffres. On laisse souvent cette partie entre les mains de notre comptable.


Pourtant, les chiffres sont fascinants puisqu’ils racontent ce qui se passe réellement dans votre entreprise. Ils vous permettent de savoir si votre modèle fonctionne, si vous gagnez de l’argent, combien vous pouvez vous verser et surtout, si vous aurez assez de liquidités pour continuer à avancer.


Une erreur fréquente chez les entrepreneurs est de voir la comptabilité comme une obligation administrative : on envoie les factures au comptable, on fait les déclarations, puis on regarde les résultats une fois par année. Les chiffres ne sont alors qu’une lecture passive des résultats financiers de votre dernière année. Vos chiffres devraient plutôt vous aider à prendre des décisions au quotidien :

  • Est-ce que votre prix est suffisamment élevé pour couvrir votre coût réel?

  • Est-ce que ce produit est vraiment rentable?

  • Combien vous coûte chaque nouvelle vente?

  • Pouvez-vous vous permettre d’embaucher?

  • Avez-vous assez de liquidités pour passer au travers des prochains mois?

  • Est-ce le bon moment pour investir?


Sans vos chiffres, vous prenez ces décisions un peu à l’aveugle. La bonne nouvelle, c’est que vous n’avez pas besoin d’être comptable ni expert en finance pour comprendre vos chiffres, mais vous devez maîtriser certaines notions financières qui vous permettent de savoir ce qu’ils veulent dire.


Au début, il est facile de se perdre dans une tonne de données. Commencez par maîtriser quelques indicateurs clés :

  • Le chiffre d’affaires : Combien votre entreprise vend. C’est votre point de départ, mais ce n’est certainement pas ce que vous mettez dans vos poches.

  • La marge brute : Ce qu’il vous reste après avoir soustrait les coûts directement liés à ce que vous vendez, comme les matières premières ou certains coûts de production. Elle permet notamment de comprendre si votre prix de vente et votre modèle économique font du sens.

  • Les dépenses d’exploitation : Les coûts nécessaires pour faire fonctionner votre entreprise, mais qui ne sont pas directement liés à la production de ce que vous vendez : marketing, administration, loyer, logiciels, assurances, etc. Certaines de ces dépenses sont fixes, d’autres variables ou semi-variables. Comprendre leur structure vous aide à voir où va votre argent et comment vos coûts évolueront lorsque votre entreprise grandira.

  • Le BAIIA (bénéfice avant intérêts, impôts et amortissement) : Un indicateur de la performance opérationnelle de votre entreprise. Il permet notamment de voir ce qu’il reste de vos revenus après vos coûts d’exploitation, avant de tenir compte des intérêts, des impôts et de l’amortissement.

  • Le flux de trésorerie (cash flow) : Combien d’argent entre et sort réellement de votre entreprise, et à quel moment. Parce qu’en affaires, le timing compte autant que les montants.

  • La rentabilité de vos clients : Tous vos clients ne se valent pas. Une règle souvent observée est que 20 % des clients peuvent représenter environ 80 % des revenus. La proportion varie d’une entreprise à l’autre, mais l’idée est importante : vos chiffres peuvent vous permettre d’identifier vos clients les plus précieux… et ceux qui vous demandent beaucoup de temps et d’énergie pour peu de rentabilité.


Et comprendre ses chiffres ne commence pas après le lancement ou après plusieurs mois à opérer, ça commence avant. Avant d’investir vos économies, de signer un bail ou d’acheter de l’équipement, vous devriez avoir une idée assez claire de ce que votre entreprise doit vendre pour être viable.


Posez-vous quelques questions simples :

  • Combien vais-je devoir investir pour démarrer?

  • Quelles seront mes dépenses mensuelles?

  • Combien dois-je vendre pour couvrir mes coûts?

  • Quel prix dois-je charger pour avoir une marge suffisante?

  • Combien de temps avant d’atteindre mon seuil de rentabilité?

  • Combien de liquidités dois-je avoir en réserve?

  • Est-ce que mes projections sont basées sur des hypothèses réalistes?


C’est ici qu’un prévisionnel financier devient particulièrement utile. Il ne prédit pas l’avenir, mais il vous permet de tester différents scénarios et de voir ce qui pourrait arriver si vos ventes sont plus faibles que prévu, si vos coûts augmentent ou si votre croissance est plus rapide.


L’objectif est de pouvoir regarder vos chiffres et vous poser les bonnes questions pour pouvoir réagir à temps :

  • Une baisse de marge? Pourquoi?

  • Les ventes augmentent, mais pas les profits? Qu’est-ce qui se passe?

  • Votre compte bancaire diminue alors que votre entreprise est rentable? Où est votre argent?

  • Vos coûts d’acquisition augmentent? Est-ce que chaque nouveau client reste rentable?

  • 20 % de vos clients génèrent une grande partie de vos revenus? Que pouvez-vous faire pour mieux les fidéliser?


Les chiffres ne vous donnent pas toujours la réponse, mais ils vous indiquent souvent où chercher.

Et plus vous développez ce réflexe tôt, plus il devient naturel de piloter votre entreprise avec des données plutôt qu’avec votre instinct uniquement.


Vous n’avez pas démarré votre entreprise parce que vous rêviez de passer vos journées dans des tableaux Excel. On comprend, mais comprendre vos chiffres, ce n’est pas devenir comptable. C’est comprendre comment votre entreprise gagne de l’argent, où elle en perd et ce qui doit changer pour qu’elle soit viable et profitable.


Et plus tôt vous les comprenez, plus tôt vous pouvez prendre de meilleures décisions.

 
 
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