5 raisons qui vous empêchent de vous lancer en affaires... et comment les surpasser.
- David Côté
- Aug 12
- 6 min read
Updated: Aug 13
Ça fait maintenant près de 20 ans que j’entreprends.
J’ai cofondé Crudessence, RISE Kombucha, LOOP Mission et, plus récemment, Big Bang Académie. Je suis pas mal autodidacte. Quand j’ai commencé, je ne connaissais pratiquement rien aux finances, aux opérations, au marketing ou à la gestion d’une entreprise. J’avais surtout des idées, beaucoup d’énergie et cette étrange incapacité à rester tranquille quand je voyais quelque chose que j’avais envie de changer. J’ai connu de très beaux succès. J’ai aussi fait des erreurs monumentales, perdu de l’argent, pris de mauvaises décisions et appris certaines leçons de la manière la plus coûteuse possible. Avec le recul, je réalise que les entrepreneurs qui rêvent de se lancer sont souvent freinés par les mêmes affaires.
Voici les cinq classiques que je rencontre le plus souvent.
1. « Je ne suis pas encore prêt. »
Ah, celle-là.
« Je vais me lancer quand mon offre sera plus claire. Quand j’aurai plus d’expérience. Quand mon plan sera terminé. Quand j’aurai trouvé le bon partenaire. »
Bref : quand je serai prêt.
Guess what? Ce moment-là n’arrive jamais vraiment.
Quand j’ai lancé mes premières entreprises, je n’avais certainement pas toutes les compétences nécessaires pour les bâtir. J’ai appris en faisant.
Et c’est probablement une des premières choses que j’ai comprises en entrepreneuriat : vous pouvez vous préparer longtemps, mais à un moment donné, il faut sortir votre idée de votre tête.
Évidemment qu’il faut faire vos devoirs. Réfléchir. Valider. Faire vos calculs. Comprendre votre marché. Mais il arrive un moment où « je me prépare » devient simplement une façon sophistiquée de dire : « J’ai peur de commencer. »
Votre offre pourra toujours être meilleure. Votre site plus beau. Votre plan plus complet.
Vous n’avez pas besoin d’être prêt à 100 %. Vous devez simplement être assez prêt pour faire le prochain pas.
2. « Et si ça ne marche pas? »
Ben oui.
Et si ça ne marche pas?
C’est probablement LA question qui garde le plus de bonnes idées dans les notes d’un iPhone.
Parce qu’on ne craint pas seulement de perdre de l’argent. On a peur de se tromper. De perdre la face. D’avoir parlé de notre super projet à tout le monde pour devoir expliquer six mois plus tard que… finalement… ça n’a pas fonctionné comme prévu.
Je connais ça.
J’ai connu de beaux succès en affaires. J’ai aussi mangé quelques murs. J’ai investi du temps, de l’argent et énormément d’énergie dans des affaires qui n’ont pas toujours fonctionné.
Mais avec les années, ma définition de l’échec a changé.
Un projet qui ne fonctionne pas vous donne une information : cette offre-là, pour ces gens-là, présentée de cette façon-là, à ce moment-là… ça ne marche pas.
OK.
Maintenant, qu’est-ce qu’on fait avec ça?
Le bon entrepreneur n’est pas celui qui possède un pouvoir mystique lui permettant de toujours prendre la bonne décision.
C’est celui qui développe sa capacité à tester, se planter, comprendre pourquoi, ajuster et repartir.
3. « Mon idée n’est pas encore assez bonne. »
Une idée qui reste dans votre tête ne vaut pas grand-chose.
Sorry.
Ce qui compte, c’est ce qui arrive quand elle rencontre le vrai monde.
Je vois trop d’entrepreneurs travailler pendant des mois sur leur concept. Le nom. Le logo. Le branding. Le site. Le pitch. La couleur du bouton « Acheter ».
Tout est réfléchi. Tout est beau.
Il manque juste un petit détail : savoir si quelqu’un veut réellement acheter leur affaire.
Personnellement, je préfère l’approche inverse. Sortez votre idée de votre tête au plus sacrant. Parlez-en. Montrez-la. Testez-la. Essayez de la vendre. Parce qu’il y a une différence énorme entre quelqu’un qui vous dit : « Wow! C’est vraiment une bonne idée! » et quelqu’un qui vous dit : « Où est-ce que je paie? » Une idée ne devient pas meilleure parce que vous y pensez plus longtemps. Elle devient meilleure quand elle se frotte au vrai monde.
4. « Je n’ai pas assez d’argent. »
Celle-là peut être 100 % vraie.
Certaines entreprises coûtent cher à démarrer.
Mais derrière « je n’ai pas assez d’argent », il y a souvent une question beaucoup plus intéressante :
Quelle est la plus petite version de votre idée que vous pouvez tester maintenant?
On fait souvent l’erreur d’imaginer notre entreprise dans sa version finale : l’équipe complète, le produit parfait, le branding sua coche, le site Web, le CRM, les beaux bureaux avec les plantes qu’on voit sur Instagram. Mais votre entreprise à six mois n’a pas besoin de ressembler à votre entreprise à cinq ans. Faque oubliez le million deux secondes. Comment faites-vous votre premier 1 000 $? Comment trouvez-vous vos cinq premiers clients? Qu’est-ce que vous pouvez tester avant d’investir 50 000 $? Avec les années, j’ai réalisé qu’un manque de ressources peut même être une contrainte extrêmement saine. Ça vous empêche de mettre du beau crémage partout avant même de savoir si vous avez un gâteau en dessous.
5. « Je ne suis pas un entrepreneur. »
Celle-là, je l’aime particulièrement.
Parce qu’on a construit une image complètement caricaturale de l’entrepreneur. Le gars qui se lève à 4 h 47. Qui médite. Prend un bain de glace. Lit 47 livres par année. Court 12 kilomètres avant 6 h 30. Charismatique, visionnaire, excellent vendeur et probablement sur le bord de lancer un podcast. Bref. Je peux vous confirmer quelque chose : les entrepreneurs ne sont vraiment pas tous faits sur le même moule.
Moi-même, je suis largement autodidacte. Finance. RH. Gouvernance. Marketing. Opérations. Leadership. J’ai appris.
Parfois avec quelqu’un de meilleur que moi. Parfois en posant des questions. Parfois en testant. Et parfois en me plantant royalement. J’ai aussi compris avec le temps qu’être entrepreneur et être gestionnaire, ce n’est pas nécessairement la même chose. Moi, ce qui m’allume, c’est partir des projets. Imaginer. Créer. Rassembler des gens autour d’une mission. Et j’ai appris que je n’avais pas besoin d’être excellent dans toutes les fonctions d’une entreprise pour entreprendre. Vous n’avez donc pas besoin de devenir entrepreneur avant de vous lancer. C’est en entreprenant que vous le devenez.
BONUS : « Êtes-vous vraiment sûr que c’est une bonne idée? »
Il y a finalement une peur dont on parle moins : celle des autres.
Annoncez à votre entourage que vous songez à quitter une bonne job pour lancer une entreprise et regardez ce qui se passe.
« Es- tu sûr que c’est le bon moment? », « L’économie est quand même bizarre… », « t'as une bonne job, pourquoi faire ça? » Et mon préféré : « Moi, à ta place… »
La plupart du temps, ces commentaires viennent de gens qui nous aiment sincèrement.
Mais les gens nous conseillent aussi à partir de leur propre tolérance au risque, de leur rapport à l’argent, de leurs expériences et surtout de leurs propres peurs. Ça ne veut pas dire qu’il faut arrêter d’écouter. Ça veut dire qu’il faut choisir qui on écoute. Avec les années, j’ai appris à faire beaucoup plus attention aux personnes à qui je demande conseil. Parce qu’à force d’écouter les peurs des autres, elles peuvent tranquillement devenir les nôtres.
Au fond, on a tous peur de la même affaire.
On aimerait éliminer l’incertitude avant de passer à l’action.
Avoir la preuve. La garantie. Le petit papier officiel qui dit :
« Allez-y. Votre idée va marcher. Aucun risque. Promis. »
Malheureusement, ce papier-là n’existe pas.
L’entrepreneuriat fonctionne plutôt dans l’autre sens.
Vous faites quelque chose. Vous regardez ce qui arrive. Vous apprenez. Vous ajustez. Pis vous recommencez. C’est d’ailleurs une des grandes raisons pour lesquelles on a créé Big Bang Académie. Pas pour donner aux entrepreneurs LA recette magique du succès, elle n’existe pas, mais pour leur donner accès à des outils, des connaissances et surtout à l’expérience de gens qui sont déjà passés par là. Pas pour vous empêcher de faire des erreurs. Mais peut-être pour vous éviter deux ou trois murs dans lesquels nous avons déjà foncé à pleine vitesse. Alors si vous attendez le bon moment, le plan parfait, plus d’argent, une meilleure idée ou cette mystérieuse poussée de confiance qui va soudainement vous faire sentir comme un « vrai entrepreneur »…
Vous risquez d’attendre longtemps.
Commencez petit. Testez une affaire. Parlez à un client. Essayez de vendre quelque chose. Faites votre premier 100 $. Puis votre premier 1 000 $. Et voyez où ça vous mène. Parce qu’entre les gens qui rêvent un jour de se lancer en affaires et ceux qui finissent réellement par le faire, la différence est souvent beaucoup moins spectaculaire qu’on pense.
À un moment donné, quelqu’un a juste décidé de commencer.
